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Visite de la microcentrale hydraulique de Saint-Philbert-sur-Risle

Au mois d’avril, lors de l’examen du projet de loi climat, je m’étais mobilisée pour empêcher la destruction des moulins à eau, nombreux sur notre territoire, et qui font partie de notre patrimoine. Je suis également intervenue il y a peu pour soutenir le projet de travaux de mise en conformité de la microcentrale de Saint-Philbert-sur-Risle, qui après trois ans d’attente vont enfin pouvoir débuter.

Le sujet de la préservation de la continuité écologique dans les rivières par la réalisation d’aménagements, tels que des passes à poissons, est bien connu des habitants de Pont-Audemer. Depuis plusieurs mois, d’importants travaux sont menés pour démanteler le barrage de la Madeleine et construire à la place une rampe de 113,5 mètres de long pour permettre aux poissons de descendre ou remonter la Risle.

Plus en amont sur le cours d’eau, d’autres centrales hydroélectriques font l’objet d’études pour assurer le passage des poissons et la préservation de la biodiversité au-delà de Pont-Audemer, dans toute la vallée. C’est notamment le cas de la centrale de la Baronnerie à Saint-Philbert-sur-Risle, où un important projet de passes à poisson est sur le point d’aboutir.

En effet, la loi sur l’eau de 2006 prévoyait, pour garantir la continuité écologique des cours d’eau, la destruction des seuils de retenue des moulins ou l’aménagement de passes à poisson.

L’effacement de ces seuils de retenue des moulins sont financés par l’agence de l’eau, ce qui a contribué depuis à la destruction de plusieurs milliers de moulins, sachant qu’un moulin sans seuil de retenue ne peut plus produire d’hydro-électricité. Pourtant, depuis sa mise en œuvre, cette politique n’a pas produit de bons résultats puisque les stocks de poissons migrateurs ne se sont pas régénérés, ce qui était l’objectif fixé.

Ainsi, lors de l’examen du projet de loi climat, nous avons porté avec plusieurs collègues et de façon transpartisane, une série d’amendements visant à exclure le financement de la destruction des seuils des moulins par les agences de l’eau. En effet, comment justifier ce financement public au nom d’une politique qui ne produit pas les résultats escomptés ? Ces amendements qui ont été adoptés prévoient en revanche que les ouvrages doivent être équipés de passe à poisson, leur permettant de contourner les seuils de retenue.

La passe à poissons est constituée de deux parcours, le couloir de droite est spécifique aux anguilles

Ces aménagements nécessaires représentent un coût important pour les propriétaires de moulins. Les démarches sont souvent longues pour obtenir l’accord de la DDTM et de l’Office français de la biodiversité (OFB), comme j’ai pu le constater lors de mes échanges avec Eric Bertier et Erix Melikov, gérants de la centrale hydroélectrique de Saint-Philbert-sur-Risle. Après plus de trois ans d’études, cinq versions de projet proposées par le bureau d’études, et suite à mon intervention auprès de la Préfecture, le dossier a enfin connu une issue favorable. Les travaux vont donc pouvoir débuter au mois d’août, lorsque le niveau de la Risle sera au plus bas.

 

Une réalisation qui permettra de conjuguer la préservation du patrimoine, la production d’électricité (jusqu’à 70 kW à St-Philbert, ce qui correspond à l’alimentation de 35 maisons) et la protection de l’environnement et de la biodiversité.

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