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Une rentrée des classes sous le signe du recueillement

Lundi 2 novembre, les établissements scolaires ont connu une rentrée des classes particulière, deux semaines après la mort de Samuel Paty et en pleine crise sanitaire. La continuité de l’enseignement, indispensable pour les élèves, est une priorité tenue et j’en suis heureuse.

Au collège de Bourg-Achard et de Pont-Audemer puis au lycée agricole de Tourville-sur-Pont-Audemer, j’ai rencontré les élèves et la communauté éducative. Laïcité, liberté d’expression, rôle des parlementaires, nous avons pu débattre sans tabou de tous les sujets d’actualité.

Avec une classe de 3ème au collège Marie Curie de Pont-Audemer

Aborder l’attentat du 16 octobre et la mort barbare de Samuel Paty, conjugué à l’attentat de Nice quelques jours plus tard, tout cela dans le contexte du nouveau confinement et du renforcement des mesures sanitaires, était un défi pour la communauté éducative.

Tous sont très marqués par cette attaque portée à leur collègue, à leur profession, à leur engagement et aux symboles que cela représente. J’ai voulu partager avec eux ce moment de recueillement et de mémoire.

A 11h le matin, toutes et tous ont observé une minute de silence, comme l’avait demandé le Ministre Jean-Michel Blanquer. Des temps de parole nécessaires ont été proposés pour poser des mots sur le ressenti des élèves.

Certains diront que le temps nécessaire à la préparation de cet hommage n’était pas suffisant. Certains diront que les thèmes pris pour cible, la liberté d’expression et la laïcité, ne peuvent pas se résumer à une séance d’une heure au cours du mois de Novembre. Mais n’est-ce pas par leur travail quotidien auprès des enfants, que les enseignants, le personnel de vie scolaire, les directions, et l’ensemble des professionnels, leurs partagent les valeurs de notre République et de notre démocratie ? Au fil des enseignements, au fil de cette vie scolaire, des liens se créent, des esprits se construisent et font de notre nation une nation forte, laïque, solidaire, unie et libre.

Du professeur d’histoire géographie, éducation civique et morale, qui enseigne la liberté d’expression, au professeur de sciences physiques qui enseigne l’apparition de la vie sur terre, en passant par le conseiller principal d’éducation et le chef d’établissement qui mettent en place le règlement intérieur, chacun a sa place dans cette construction. Le professeur de français initie les esprits à la littérature française, le professeur d’EPS façonne le vivre ensemble et le jeu en équipe, l’enseignant de SVT aborde lui la sexualité et le développement de la vie, l’enseignant de mathématique stimule la vérification d’hypothèses, l’enseignant de langue accueille les cultures d’autres pays, l’enseignant documentaliste aiguise l’esprit critique et offre aux enfants un lieu riche de découvertes, l’enseignant de musique et l’enseignant d’art conduisent les jeunes vers le beau, ils abordent sans détour la liberté d’expression et la caricature. Le professeur de technologie construit la logique et les mécanismes, celui d’économie apporte la connaissance du marché et sa critique… Et combien sont indispensables les enseignants du monde professionnels pour émanciper nos jeunes !

La liberté pédagogique, précieuse à chacun, leur permet d’exercer avec passion ce métier, pilier de notre République. Loin d’être des enseignements cloisonnés, ils éduquent ensemble, pour la nation française, les citoyens de demain.

Je leur en suis reconnaissante, et je les remercie ! Le Grenelle de l’éducation, débuté le 22 octobre, pourra être l’occasion de proposer des évolutions à cette profession, en plus de la revalorisation déjà annoncée.

Rencontre avec les jeunes du lycée agricole de Tourville sur Pont-Audemer

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