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Un cycle d’auditions suite au scandale ORPEA

La parution du livre enquête Les Fossoyeurs qui dénonce des faits de maltraitance dû à l’obsession de la rentabilité dans les EHPAD du groupe ORPEA, a suscité l’indignation. La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale dont je suis membre a décidé d’organiser un cycle d’auditions pour éclaircir les faits décrits par Victor Castanet. J’ai notamment interrogé le PDG du groupe ORPEA – sans être satisfaite des réponses.

 

Il est nécessaire de rappeler avant toute chose que les faits qui sont reprochés au groupe ORPEA ne sont pas représentatifs de la vie dans tous les EHPAD. Dans la majorité des établissements, les résidents sont bien traités, et j’ai pu le constater lors de mes visites récurrentes dans les établissements de notre circonscription. Je retournerai dans les prochains jours à la rencontre des professionnels du grand âge et de l’autonomie pour leur témoigner mon soutien et leur permettre d’échanger sur leurs conditions de travail. ORPEA étant le leader mondial du secteur des EHPAD et des cliniques, avec notamment 220 EHPAD en France, ces accusations interrogent néanmoins et mettent le sujet de la maltraitance des personnes âgées dans le débat public.

Dans son livre enquête Les Fossoyeurs, le journaliste Victor Castanet dénonce une série de mauvais traitements qui auraient été commise par la direction du groupe ORPEA : arrangements financiers, économies sur les changes ou les repas des résidents, méthodes managériales contestables, au détriment du bien être des salariés et des résidents.

Devant la gravité de ces accusations, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale s’est immédiatement mobilisée. Nous avons notamment pu auditionner M. Philippe Charrier PDG d’ORPER, M. Victor Castanet, auteur du livre ainsi que Mme Amélie Verdier, directrice générale de l’ARS Ile-de-France.

Les représentants du groupe ORPEA sont apparus particulièrement mal à l’aise et avaient manifestement décidé de « noyer le poisson ». A nos questions précises concernant le taux d’encadrement dans les établissements, le soin porté aux résidents au travers des repas, des changes, nous n’avons pas eu de réponses. À la question de leur conception du respect des droits des salariés, condition première du soin apporté aux résidents, ils ne m’ont pas répondu.  J’ai également pu constater avec la directrice générale de l’ARS Ile-de-France une sous-déclaration certaine des maltraitances et un besoin important de plus grande efficacité des procédures de signalement.  

Cette affaire, loin d’être anecdotique, pose plus globalement un certain nombre de questions : est-il acceptable que les notions de profit et de rentabilité soient associées aux services rendus à nos ainés ? Avons-nous pris la pleine mesure du phénomène de la maltraitance des personnes âgées ? N’est-il pas temps de porter une réforme ambitieuse du grand âge et de la dépendance ?

Le choc provoqué par le livre de M. Castanet passera. C’est ainsi. Et lorsque la poussière retombera, que le sujet n’intéressera plus le train fou de l’actualité, j’espère que nous serons toujours aussi nombreux à défendre une autre vie pour nos aînés. La loi « Grand âge et autonomie », que j’ai appelée de mes vœux mais reportée à un prochain mandat, ne devra pas passer au second plan. Et elle devra, par les mesures qu’elle portera, énoncer les principes d’une société qui prend soin, en particulier des personnes âgées dépendantes.  

Visionnez ma question au PDG d’ORPEA : https://fb.watch/bfqqoCIiSd/

Visionnez ma question à la directrice de l’ARS Ile de France : https://fb.watch/bfqmbwJCsa/

 

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