Top

Poursuite de mes travaux sur la santé mentale des enfants

La crise sanitaire offre l’occasion de prendre soin et protéger la santé des plus jeunes : c’est maintenant ou jamais !

Mardi 6 avril, j’ai rencontré Edouard Geffray, directeur général de l’enseignement scolaire (DGESCO) pour lui faire part de mes propositions.

Vendredi 9 avril, j’ai également échangé avec Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie pour avancer sur la santé mentale des enfants en cette période de crise.

Ressources, constats et propositions, je fais le point.

De plus en plus de parents se retrouvent confrontés, à des degrés divers, à l’absence de réponse vis-à-vis de la souffrance de leur enfant. Paradoxe d’un siècle où nous avons une capacité technologique presque infinie et sommes en difficultés pour répondre aux besoins les plus élémentaires.

Ces dernières décennies, notre rapport à la santé mentale a changé, l’organisation du soin assez peu. Elle n’appartient plus aux seuls psychiatres, elle n’a plus seulement trait à la folie et les problèmes sont de natures très variées (absentéisme et décrochage scolaire, problèmes conjugaux, souffrance psychique… jusqu’aux troubles mentaux). Aujourd’hui, on consulte davantage, notre système de santé est en souffrance, ce qui se traduit par des mois d’attente pour obtenir une consultation.

La crise ne fait qu’accentuer ces constats – 34% des Français présentaient un état anxieux ou dépressif lors de la dernière enquête de février 2021 – et doit pousser le Gouvernement à agir fort et vite. Symptôme ou simple constat, il est intéressant de constater que la santé mentale n’est apparue que tardivement dans le débat public dans la crise que nous traversons.

En échangeant avec le numéro 2 du ministère de l’éducation nationale et le délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie la semaine dernière, j’ai tenté de porter plusieurs propositions qui peuvent apparaître techniques mais dont l’intégration dans le débat m’apparaît incontournable.

La première, cela ne vous surprendra pas, a trait à l’école : si c’est l’endroit où les enfants et les adolescents passent le plus de temps, il doit être prioritaire que les personnels de l’éducation nationale – parfois démunis – soient dûment formés et les personnels de santé et sociaux reconnus dans leur expertise.

La seconde proposition, bien que technique, est fondamentale : disposer d’une gradation des interventions. Il existe un nombre important d’acteurs traitant de la santé mentale et chaque situation (absentéisme, décrochage, maltraitance, trouble des apprentissages…) n’appelle pas les mêmes réponses. Nous ne pouvons plus engorger la psychiatrie où les quelques mois d’attente avant un rendez-vous sont une éternité dans la vie d’un enfant. Les différents professionnels du parcours de l’enfant doivent pouvoir développer une culture commune, dans le respect de l’expertise de chacun. Enfin, toute tentative de réforme sera vaine si elle ne met pas en son cœur la préoccupation de lisibilité pour les familles.

Dans l’Eure, bien qu’il soit extrêmement récent, le projet territorial de santé mentale (PTSM) a posé un diagnostic sur des situations extrêmement dégradées, tant pour les familles que pour les soignants. Il tente d’y répondre et les effets ne seront concrets qu’à moyen-terme. Je vais rester vigilante aux modalités et moyens de son application.


  • En prévision de mes travaux sur le sujet, au local et au national, je vous invite à me faire part de vos témoignages ou de vos propositions à l’adresse marie.tamarelle@assemblee-nationale.fr

Vos proches ou vous-même éprouvez des difficultés pendant cette crise ? N’hésitez pas à consulter et partager très largement ces ressources disponibles sur le site de Santé Publique France : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/articles/covid-19-prendre-soin-de-sa-sante-mentale-pendant-l-epidemie

Share