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Ma mission comme référente auprès de Santé Publique France

Créée en 2016, Santé Publique France a pour mission d’orienter les politiques de prévention et d’information de la population en matière de santé. Elle est en première ligne dans la lutte contre le Covid. Nommée référente pour la commission des affaires sociales, j’ai rencontré Mme Geneviève Chêne la directrice générale au sein de sa structure : l’occasion d’un échange sur la situation sanitaire et la politique de prévention en France. Co-rapporteure d’une mission sur la politique de prévention dans le cadre du comité de contrôle et d’évaluation, je suis très engagée sur le sujet.

 

Alors que je mène depuis plusieurs semaines des auditions sur notre politique de prévention dans le cadre d’une mission du Comité d’Évaluation et de Contrôle de l’Assemblée, je me suis rendue la semaine dernière au siège de Santé Publique France.

 

 

Lors d’un long entretien avec Mme Chêne, nous avons évoqué principalement deux sujets :

– La situation sanitaire et l’urgence de la mise en place d’une politique de prévention efficiente et efficace ;

– Les échanges et travaux futurs que nous pourrons partager sur les politiques de prévention et de santé des enfants sur lesquelles je suis très engagée et travaille activement à l’assemblée.

 

De nos échanges et des auditions récentes, je retiens plusieurs observations dans ce contexte de crise sanitaire :

  • Un accroissement des addictions (tabac, alcool..) et du non-recours aux soins. Ainsi la crise a constitué un risque majoré pour les patients déjà atteints d’une pathologie chronique.
  • Une baisse franche de l’activité physique (temps d’écrans augmenté) et une prise de poids notamment chez les enfants,
  • des dépistages des cancers repoussés par les français…

Autant de facteurs qui exposent à des fragilités au COVID

  • Mais cette crise a aussi été l’opportunité d’accélérer l’interopérabilité des systèmes, la remontée et le partage des données, la coopération interprofessionnelle et interinstitutionnelle.
  • Elle a favorisé la prise de conscience de l’importance d’avoir des comportements protecteurs de notre santé et de celle des autres.
  • Enfin, elle a pointé les inégalités sociales de santé qui existent, selon où l’on habite (rural ou urbain), selon notre environnement, notre travail ou notre mode de vie. Ces enjeux, comme celui de la santé mentale, sont toutefois arrivés timidement et tardivement dans le débat public.
  • En tout état de cause, l’opinion et les médias restent mal formés et sensibilisés à la santé publique. Ce qui a en partie conduit à la cacophonie médiatique depuis un an.

Ce sont des enjeux que nous, professionnels de santé publique, connaissons bien. La « révolution de la prévention » promise en 2017 n’a pas eu lieu. Les crises récentes (Sida, H1N1, vache folle, canicule de 2003…) ont changé peu de choses dans notre culture de santé publique. Et si c’était enfin le moment ?

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