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La prévention au cœur ou à la marge de nos politiques ?

Alors que le projet de loi de finances allait détricoter des avancées retraçant nos dépenses de prévention en santé, la Cour des comptes s’alarme sur l’état de cette politique. Engagée depuis 2017, je continue à l’être pour que nous nous donnions les moyens de réaliser la « révolution de la prévention ».

Des fois, il faut se battre.

Alors que nous étions partis pour supprimer la publication annuelle d’un rapport retraçant nos dépenses de prévention en santé – ordinairement appelé « jaune budgétaire » -, j’ai déposé un amendement en deuxième lecture du projet de loi de finances pour 2022 afin qu’il soit pleinement réintégré. Voir clair dans nos dépenses est une condition indispensable à l’impulsion de toute politique publique.

Cet épisode est symptomatique d’une difficulté plus large : faire évoluer culturellement notre système de santé vers plus de préventif pour faire diminuer le besoin de curatif.

Dans un rapport publié le 1er décembre, la Cour des comptes dresse un constat extrêmement sévère : malgré des dépenses importantes, les résultats de la politique de prévention sont jugés « médiocres ». En effet, malgré les nombreuses avancées obtenues depuis 2017, les problèmes structurels profonds tant en termes de pilotage, de reconnaissance des professionnels ou de financement n’ont pas été réglés.

Le sujet est complexe donc peu audible dans le débat public d’autant que notre système de santé est, de longue date, le fruit d’une construction orientée vers le soin. Le changement est donc profondément culturel. Pour opérer ce changement, il est nécessaire de lui donner une impulsion politique forte (je proposais la création d’un Secrétariat d’État dédié) et de valoriser financièrement les professionnels et les établissements de santé pour leur travail de prévention.

Les enjeux sur la politique de prévention sont d’autant moins audibles que les bénéfices (financiers mais surtout humains !) ne se voient pas à court terme.

Qui sera intéressé de savoir que nous pourrons à moyen et long terme, grâce à la prévention, diminuer le nombre de diabète de type 2. D’éviter des cancers grâce à la réalisation effective des dépistages ? D’obtenir des réalisations concrètes de ce qui est annoncé dans la multitude de plans grâce au renforcement du pilotage ? De réduire les inégalités et améliorer le bien-être des enfants grâce à la santé scolaire et à la PMI ?

Mais la crise actuelle, crise de santé publique, doit nous pousser à mettre le sujet de la santé, et plus particulièrement de la prévention, au cœur des échéances à venir. C’est l’une des principales préoccupations des Français. C’est la mienne depuis très longtemps.

Retrouvez ici le rapport de la Cour des comptes 

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